Soirée de Noel hier nuit, dans ce si bel hotel situé en plein milieu des bois. J’adore cet endroit, voyez vous, j’ai des gouts de luxe… J’arrive très en retard, tout le monde est déjà assis en train de manger quand je débarque en nage et en sueur après avoir bataillé très fort pour m’extirper de la circulation d’enfer causée par le match de Rugby d’hier. Repas magnifique, belles conversations avec mes voisins de table. A. me taquine en disant haut et fort qu’il a tenu ma main au cours d’une randonnée, et qu’il ne l’a pas dit à son épouse. Je le regarde l’air de dire mais de quoi est ce que tu parles, il me dit mais si, tu te souviens pour t’aider à descendre… encore une de mes crise de panique mémorable.
Bref, le repas fini, A. propose de payer sa tournée, mais je le remercie en disant que je ne veux rien. Il insiste, du coup pour rigoler, je dis “bon d’accord, champagne alors!” Bon voilà, le problème, c’est qu’une bonne heure plus tard, ils sont revenus sourire aux lèvres avec une mignonette de champagne. J’avais changé de table entre temps. Autant dire que j’ai voulu disparaitre sous la table tellement j’étais mal à l’aise. Du coup tout le monde m’a demandé si c’était mon anniversaire (non, non mon anniversaire a déjà été célébré. Je promets, je n’ai pas mon anniversaire tous les 2 mois). Bon voilà, une des femmes à table me dit “Oh Alice tu bois du champagne” Et voilà, le mot a tourné, et j’ai hérité du sobriquet de “The champagne girl!” pour le reste de la soirée et surement pour un bon moment… MRD!
Bon, je crois que j’étais rouge de honte pendant une bonne partie de la nuit suite à cet incident. La honte. Un orchestre a débarqué et j’ai décidé d’aller me faire oublier sur la piste de danse où j’ai pour sûr réinventé le rock’n roll. Je suis une piètre danseuse, véridique, mais le ridicule ne tue pas. A la première valse que l’orchestre a joué, Sh., “ma petite mère” se tourne vers moi et me dit gentillement ”Alice il faut que tu te trouves un homme pour qu’il te fasse danser!”. Bon, voilà, ça semble inquiéter tout le monde que je sois seule, mais où est t-il écrit: “tu seras en couple ou tu ne seras pas!” Bref, la plupart des couples semblent planer sur la piste de danse, je regarde ébahie les mouvements que leurs jambes décrivent. Et je repense à la phrase de Sh. et je repense à ma propre mère et au doyen de mon club qui m’ont presque tenu les même propos. Je ne suis pas en couple, mais une chose est sûre et certaine, je suis. Et je n’ai pas souvenir d’avoir eu une vie aussi intense quand j’étais en couple.
La valse suivante, J. que je n’ai apperçu que tard dans la soirée et qui a pour sûr entendu la remarque de Sh. et vu que j’ai levé les yeux au ciel et fait la moue, se lève pour m’inviter à danser. Je dis que je ne sais pas danser la valse, mais bon casse-cou comme je suis, j’y vais quand même. Bon allez, la vérité vraie, c’est que je trouve J. vraiment trop trop bien. A chaque fois qu’il est dans mon champ de vision, je n’arrête pas d’avoir l’air d’être sujette à une apparition. La honte….Ce qui celà dit en passant est surement un signe que je devrais partir en courant en direction opposée. Champagne girl retrouve son pétillant et se fait violence pour ne pas marcher sur les pieds du beau J., garder une distance respectable de femme du monde et essayer de ne pas avoir l’air de respirer son parfum par dessus son épaule (un reste de mes instincts de primate, j’ai un odorat très développé, du coup, je n’arrête pas de sentir les gens, je peux même dire qui est passé dans un couloir avant moi si je connais la personne et son odeur). No comment. J. me dit que je dois être une bonne marcheuse maintenant et que je devrais faire des randonnées de catégorie A (celà s’appelle marcher dans la cour des grands, celle où il marche celà dit en passant), offre que j’ai déclinée en disant que je ne pensais pas être en mesure de faire une telle randonnée. Techniquement parlant, j’en ai fait une, mais sans trop d’altitude, je suis une marcheuse sur le plat, collines et montagnes me font souffrir le martyr en me coupant le souffle et les jambes et provoquant chez moi des réactions disproportionnées d’hystérique ou de démente au choix=pétage de câble. J’ai donc décidé de rester jouer dans ma catégorie, celle des B-walkers. J’ai dû voir J. pour la première fois en septembre ou quelque chose dans le genre, une des rares fois où il est venu marcher en milieu de semaine. Je m’en souviens très bien, pas à cause de l’effet visuel, mais plus parce que je ne sais plus qui nous a présentés et qu’il m’a sorti de but en blanc qu’il ne m’avait jamais vue et est ce que c’était la première fois que je marchais. Bon, moi j’ai pensé très fort (et d’ailleurs ça a dû se voir): écoutes copain, c’est clair que tu ne m’as jamais vue, tu t’en souviendrais sinon (mouais, on ne peut pas vraiment dire que je passe inapperçue), j’étais pas de trop bonne humeur ce jour là. Bon, je suis restée polie et j’ai juste dit que ça faisait 3-4 mois que je faisais partie du club. Pas étonnant qu’on ne se croise jamais au fond, d’ailleurs c’est pareil pour une bonne partie des membres de mon club, les C- et les A-walkers marchent rarement avec nous autres les B-walkers, car il n’y a rien de plus chiant que de marcher trop vite ou trop lentement. Donc chacun choisit ce qui lui convient le mieux.
Je ne sais plus avec qui j’ai eue cette conversation, mais je disais qu’il était facile de reconnaitre un randonneur dans la vie de tous les jours. Il n’y a qu’à regarder sa démarche et son physique. Bref, J., rien qu’à le voir, on sait tout de suite qu’il marche si vite que ses deux pieds ne doivent jamais toucher le sol simultanément. Bon eh bien voilà, superbe soirée où je n’ai pas arrêté de décrire des mouvements incertains avec mes jambes (pour ne pas dire danser) et de rigoler avec les membres de ma si belle famille. Quand j’étais pour partir, C. une des femmes qui était à ma table pendant le dîner m’a dit “See you up in the mountains!” (manière très originale de dire aurevoir), A. qui danse comme une vraie déesse m’a fait la bise en me souhaitant un joyeux Noël et J. qui se trémoussait toujours sur la piste de danse et à qui je ne pouvais pas ne pas dire aurevoir m’a tappé la bise ( Wow).